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Les néons pour Las Vegas!

Lorsque la ville surgit en plein milieu du désert du Nevada, on croit d’abord à un mirage. Avant d’être le refuge des joueurs du monde entier, Las Vegas est bel et bien une oasis ! Son nom même signifie « les prairies » en espagnol. Les voyageurs y effectuent une halte… depuis la préhistoire : des traces de campements remontant à près de trois millénaires y ont été retrouvées. Les Anasazi, les « Anciens » en langue navajo, se fixent dans cette partie du continent nord-américain à partir du Ier siècle avant notre ère. Cette ethnie, qui donnera naissance par la suite aux Pueblos et Paiutes, mais aussi aux Aztèques et aux Mayas en Amérique centrale, fonde un premier hameau. Ce ne sont d’abord que quelques hogans, des huttes en terre cuite, semblables à des igloos. Puis l’ébauche d’un petit village.Après la conquête espagnole, des XVIe et XVIIe siècles, l’endroit devient un poste-relais sur le chemin qui conduit à la côte Pacifique. Ce sera aussi l’un des passages obligés pour les pionniers qui se rendront en Californie lors de la ruée vers l’or dans les années 1840. Premier point d’eau depuis la frontière de l’Utah, sur la « piste de la mort », l’endroit se transforme en petite ville : bars et hôtels miteux alternent le long d’une rue principale.

Las Vegas a si mauvaise réputation en 1855 qu’une trentaine de mormons débarque de Salt Lake City (Utah). Leur mission : ramener les brebis égarées dans le « droit chemin ». Ces envoyés de Dieu ont également pour tâche, plus prosaïque, d’exploiter un gisement de minerai de plomb. A leur tête, l’austère Brigham Young brandit sa bible chaque fois qu’il pénètre dans un lupanar. Dès l’année suivante, la ville a repris suffisamment digne allure pour que femmes et enfants suivent les pionniers de l’Eglise de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, comme on appelle aussi les mormons. La colonie compte alors une centaine de membres. Deux années durant, ils prêcheront au milieu des cow-boys qui font transiter leurs troupeaux. Mais Brigham Young doit, en 1857, renoncer à son rêve de « corridor mormon » vers le Pacifique. Des dissensions sont apparues parmi les fidèles. La mission évangélique est abandonnée. Le fort qu’ils étaient en train de construire est laissé à un certain Octavius Decatur Grass qui le transforme en ranch avant de le revendre à une certaine Helen Stewart qui, à son tour, le cède à un sénateur du Montana, William Clark, propriétaire d’une compagnie de chemin de fer.

La ligne San Pedro-Los Angeles-Salt Lake ne fait pas le détour pour rien. Tout comme les hommes et leurs chevaux, les locomotives à vapeur ont besoin de faire le plein d’eau. Le 15 mai 1905, Clark met aux enchères 45 ha de terrains, vendus en deux jours. C’est l’acte de baptême de la ville. Le patron d’un saloon, flairant l’aubaine, investit, l’année suivante, 1 750 dollars dans un hôtel-casino, le Nevada, bientôt rebaptisé Golden Gate Hotel.

Avec l’assentiment du gouvernement du Nevada, qui ne condamne ni la prostitution ni les jeux d’argent – à l’inverse des Etats voisins -, d’autres entrepreneurs s’installent sur Freemont Street, la rue principale rebaptisée ainsi en l’honneur du capitaine John C. Fremont, qui fut l’un des tout premiers à s’aventurer dans cette contrée. Leur stratégie commerciale ? Des nuits très bon marché pour retenir les voyageurs. Mais des tables de jeu par dizaines pour les « plumer ». Le succès est immédiat.

Dès 1907, la ville se dote d’un réseau électrique et du téléphone. La municipalité fait paraître des encarts publicitaires dans la presse et propose des « forfaits de vacances » aux hommes d’affaires de la côte est. La réaction ne se fait pas attendre. En 1909, une loi fédérale, votée à Washington, interdit les roulettes et autres tables de poker sur tout le territoire des Etats-Unis. C’est Las Vegas que l’on vise. Les hôtels ont beau investir dans de nouvelles enseignes au néon, à partir de 1927 la ville est menacée par la crise. Une crise de bien courte durée, puisque la cité en sort en 1928 lorsque débute la construction du Hoover Dam, un gigantesque barrage hydroélectrique (inauguré en 1935) alimenté par les eaux du Colorado. La main-d’oeuvre afflue. La ville passe de 5 000 à 7 500 habitants.

Il faudra néanmoins attendre 1931 pour que les jeux d’argent soient à nouveau autorisés. En même temps que les mariages et divorces express, qui autant que les néons et les casinos font la réputation de Las Vegas. Une chance supplémentaire est donnée à la ville quand, en 1938, l’avocat général du proche Etat de Californie décide de s’en prendre aux tenanciers de tripots de Los Angeles. Las Vegas se fait une joie d’accueillir ces « exilés » qui vont prospérer pendant la Seconde Guerre mondiale. En 1941, l’armée de l’air a en effet la bonne idée d’ouvrir une base au nord alors qu’une usine de magnésium est implantée au sud.

La capitale du jeu attire aussi tout ce que Hollywood compte de stars. Elles fréquentent l’hôtel El Rancho, le premier établissement construit sur le Strip, l’autre grande artère de Vegas. D’autres célébrités, sentant le filon, ne tardent pas à leur emboîter le pas. En 1946, un certain « Bugsy » Siegel est chargé, par les parrains de la mafia d’ouvrir le premier grand casino-hôtel de luxe. La roulette tournera dans le mauvais sens pour lui : le 20 juin 1947, quelque temps après l’ouverture du Flamingo, il est assassiné. L’homme de confiance de Cosa nostra aurait omis de rembourser ses bailleurs de fonds. Une histoire racontée par Sally Denton et Roger Morris dans Une hyper-Amérique. Argent, pouvoir, corruption ou le modèle Las Vegas (Autrement).

La réputation sulfureuse de la ville n’empêche pas les plus grands crooners américains (Dean Martin, Samy Davis Jr., Frank Sinatra ou encore Elvis Presley) de se produire dans les établissements de Las Vegas, et d’y acquérir de somptueuses villas. C’est ce que fera, en 1967, le fantasque milliardaire américain Howard Hugues, qui rachètera le Desert Inn. Il élira domicile au dernier étage de cet hôtel et y vivra reclus les huit dernières années de sa vie.

La cité, qui comptait à peine 1 500 personnes en 1905 – 458 000 en 2000 -, reçoit bon an mal an de 30 à 35 millions de touristes dans sa vingtaine d’hôtels-casinos. L’un d’eux s’appelle le Mirage. Comme pour mieux nourrir les rêves de fortune des joueurs.

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