Blackjack : les astuces pour jouer et gagner

Le feu vert pour les casinotiers

Le PDG se dit prêt à nouer un partenariat avec un spécialiste du jeu sur internet. Mais sa première préoccupation est aujourd’hui le taux de fréquentation de ses hôtels de luxe.

Compte tenu de l’absence de législation sur les jeux en ligne, défier le ministère de l’Intérieur comme a pu le faire le groupe Partouche est-il une solution ?

Les autorités de tutelle vont être obligées d’agir ! C’est bien d’interdire, mais encore faut-il être efficace. Or, force est de constater qu’il existe beaucoup de sites, basés aux Bahamas par exemple, et accessibles depuis le sol hexagonal. Cela étant, chacun est libre d’agir comme il l’entend.

Pour l’instant, nous avons préféré mettre en place un site d’initiation, qui mise davantage sur la relation client. Depuis le lancement en mars des jeux en ligne – sans mise de départ – nous avons enregistré 15 000 visites.

Nous étudions aussi les véritables potentialités de marché d’un casino virtuel, de manière à pouvoir être prêts dès qu’il y aura une réglementation des jeux en ligne en France. Licencier notre marque ou nouer un partenariat peut se révéler une opportunité intéressante pour un spécialiste de jeux sur internet, qui pourra alors bénéficier de l’image qualitative du groupe Barrière.

Avez-vous déjà pris des contacts ? Les échanges qui ont eu lieu sont restés sans suite. Mais le téléphone est là. Ne craignez-vous pas de phagocyter l’activité de vos casinos en créant des jeux en ligne ?

Quitte à être phagocyté, je préfère trouver des solutions de substitution aux activités perdues. Mais, là encore, la réponse appartient aux autorités de tutelle. Une légalisation s’impose pour le jeu en ligne, même si je ne crois pas aux prévisions faramineuses [Informa Media Group évalue à quelque 16,4 milliards d’euros les revenus mondiaux pour les jeux en ligne en 2006, ndlr].

Vos hôtels proposent rarement des accès à internet…

Le Fouquet’s Barrière sera très à la pointe des nouvelles technologies. Mais, dans les autres hôtels, nous avons, en effet, des progrès à faire. La clientèle internationale, notamment les Américains de la tranche d’âge 18-20 ans, est très sensible à ce type d’équipement. Il est cependant possible de réserver tous nos hôtels en ligne, et l’objectif est que ce service représente 5 % du chiffre d’affaires en année pleine. Aujourd’hui, nous sommes contents du démarrage de ce service, car 80 % de ses utilisateurs sont des nouveaux clients.

Vous êtes sur le point de réunir en un seul groupe vos trois entités : Société hôtelière de la chaîne Lucien Barrière, la Société des hôtels et casino de Deauville et la Société fermière du casino municipal de Cannes – toutes deux cotées au Premier Marché. Les actionnaires minoritaires sont-ils tous d’accord ?

C’est une opération que réclament le marché et tous les minoritaires, depuis longtemps. En regroupant nos trois entités, nous affichons des capitaux propres bien plus importants. Cette addition assure également une meilleure présentation devant les autorités. Compte tenu de certains problèmes techniques, nous avons cependant demandé une prorogation : le nouvel ensemble devrait être coté au Second Marché le 15 septembre avec environ 10 % de flottant. Notre ambition est ensuite de passer au Premier Marché.

Quelles sont vos priorités en matière de développement d’ici à trois ans ?

D’abord, faire en sorte qu’Enghien devienne le plus beau et le premier casino de France, et sans doute d’Europe. À l’ouverture des 130 machines à sous, le 8 avril, le nombre de clients par jour atteignait 2 000 pour se stabiliser à 500 aujourd’hui . Nous étudions comment faire pour réguler, et adapter les critères d’accès, tels le droit d’entrée ou les exigences vestimentaires. Autre projet de grande envergure : le palace Fouquet’s Barrière, qui devrait occuper cinq immeubles situés à l’embranchement des trois avenues Champs-Elysées, Georges-V et Quentin-Bauchart. Ce sera la première création d’un palace parisien aux mains d’une famille française depuis 70 ans. Nous avons obtenu les permis de construire, et abordons l’étape de la libération des locaux occupés. Ce qui peut demander beaucoup de temps. D’autres opérations devraient également aboutir comme le casino de Montreux, la construction d’un palace à Marrakech, enfin la mise en place d’un complexe en Espagne, qui s’annonce plus compliquée.

Quel est le taux d’occupation des hôtels ?

Depuis les événements du 11 septembre et avec le krach boursier, nous enregistrons une baisse de notre activité. Le taux d’occupation s’établit actuellement à 66,5 %. En mai-juin, beaucoup d’entreprises ont annulé leurs séminaires et leurs conventions. Juillet et août vont être déterminants, même s’il est trop tôt pour se prononcer sur la tendance.

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