Blackjack : les astuces pour jouer et gagner

Histoire d’un casino

Partouche contre le reste du monde! La bataille a commencé il y a deux ans. A l’époque, c’est Accor qui cherche à passer la vitesse supérieure en lançant une OPA sur l’Européenne de Casinos, le groupe bâti par André Der Krikorian. Mais l’hôtelier tombe sur un os: Partouche, piqué au vif, a surenchéri par deux fois. Au lieu des 52 euros par action initialement proposés, il emportera l’affaire à 66,5 euros par titre… Une aubaine pour la famille Krikorian. Aujourd’hui, Accor réplique en faisant casino commun avec Barrière, son associé de quinze ans. Mais à qui revient l’initiative? «C’est moi qui ai eu l’idée de ce mariage qui simplifie les structures de mon groupe», assure Dominique Desseigne chez Barrière. Pas si sûr, car selon Alain Maillot, le fidèle avocat, c’est plutôt le fonds d’investissement Colony Capital, déjà actionnaire à 50% d’Accor Casinos, qui a convaincu les deux anciens rivaux de s’unir. «Tout le monde avait intérêt à ce que le deal se réalise», confirme Sébastien Bazin, directeur de Colony Capital en Europe. Doté de très gros moyens, ce fonds d’investissement associé à Eurazeo (banque Lazard), qui consent un prêt participatif de 100 millions d’euros au nouveau groupe, détient une option de vente de sa participation, exerçable entre 2007 et 2010. Objectif: empocher une jolie plus-value découlant des économies réalisées par le nouveau président du directoire, Sven Boinet, un ancien d’Accor choisi par Dominique Desseigne… Mais aussi des nouvelles autorisations de machines à sous généreusement distribuées par le ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy: le parc français a bondi de 10% en un an. Une chose est sûre: d’ici trois à cinq ans, l’acquéreur du «ticket» de Colony sera Accor. Le titan de l’hôtellerie dispose d’une option d’achat qui lui permettra de se hisser à 49% du groupe Lucien Barrière. «Mais attention, je conserverai toujours la majorité, que j’ai promis de transmettre à mes enfants», prévient Dominique Desseigne, le nouveau président du conseil de surveillance, qui initie déjà Alexandre (17 ans) et Joy (11 ans) aux mystères du groupe familial.

En attendant, les grandes manœuvres ont déjà commencé pour décrocher les rares concessions ouvertes en France. A Toulouse, l’appel d’offres, annulé une première fois par un recours du groupe Tranchant, devrait aboutir au début du mois de juillet prochain. Mais le souhait de la municipalité UMP de créer «un casino haut de gamme», doté d’un restaurant gastronomique et d’une salle de spectacles de 1000 places, pourrait avantager le groupe Lucien Barrière, déjà concessionnaire, via Accor, du casino de Bordeaux. A Lille, en revanche, Barrière paraît en moins bonne posture. C’est Partouche qui part favori pour créer, selon les souhaits de Martine Aubry, un «casino populaire» en plein cœur du quartier d’Euralille. D’autant que le groupe de Monsieur Isidore, qui contrôle plusieurs établissements dans la région, sponsorise déjà le club de foot Lille Olympique… «Bof! Pas sûr que cela suffise. Au Havre aussi, nous avons soutenu le club de foot, et ça n’a pas empêché Partouche de remporter la concession», réplique-t-on chez Barrière, qui a cessé depuis de financer le malheureux Havre Athletic Club.

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